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Interview de Cecile DM

Cecile Dm est une artiste peintre, résidant en bourgogne et enseignant à l’université Paris 1. Nous l’avons interviewer. Elle nous a fait partager son monde…


Racontez-nous un peu votre parcours professionnel ?
 
 J’enseigne les arts depuis 15 ans. J’ai fait une maitrise d’arts plastiques à la Fac, Paris I, puis j’ai passé mon capes de prof. J’ai fait pas mal d’années de conservatoire, ainsi que d’ateliers.


 J’ai toujours été attirée par la création, mais je n’ai jamais pu faire vraiment un métier créatif, faute de moyens, je me suis donc orientée vers l’enseignement. La fac c’était tout ce qu’il y avait à l’époque. Aujourd’hui j’aurai préféré être monteuse en films, ou décoratrice de théâtre…


Nourrie de culture artistique contemporaine, mais aussi classique, et passionnée par les mouvements créatifs underground du street art, du graphisme, du numérique, de la zik, je travaille sur toile des mixes visuels. Ils sont ma vision du monde, souvent noire,parfois moins. Mais ça n’est pas pour autant que mes toiles ne sont pas en couleur.


Depuis deux ans, j’ai commencé un peu à montrer mon travail sur les encouragements de mes amis. Mais cela reste confidentiel, je n’ai pas de galerie, et je reste peintre amateur, bien que pro dans l’âme et dans mes rêves.



Avez- vous évolué dans vos techniques de peindre?

 
J’ai toujours aimé les murs, les textures, les vieilles peintures abîmées. Tapiès par exemple, avec ses textures si élaborées qu’elles se suffisent à elles- mêmes.  J’ai besoin qu’une trace, une forme vienne s’y inscrire. Mais au final, cette question de la matière, de la texture me hante depuis la Fac d’Arts plastiques : elle fait partie de notre environnement quotidien, si tu regardes bien, on est entourés de vieux murs dégueux, de matières usées, de textures tâchées, rugueuses


Le tout c’est d’y faire attention, parfois je trouve “beau” un truc que personne ne regarde. C’est un peu comme ça que je me suis intéressée au Street art. J’ai découvert cet art qui recouvre les surface autour de son habitat. Matières, supports,et picturalité. Quand j’élabore mes “fonds”, j’aimerai qu’ils soient plus vrais que nature.

Le plus difficile c’est de trouver la bonne technique pour obtenir l’effet désiré : c’est grâce à un ami que j’ai testé avec bonheur les matériaux du monde du street art : peintures synthétiques et encres des writers. Avec ces dernières, j’obtiens des recouvrements et des transparences fabuleuses. Elles sèchent quasi immédiatement, et là encore, cela me convient parfaitement. Entre le moment de la maturation de la toile et son exécution il peut se passer beaucoup de temps, et j’ai hâte d’utiliser mes pochoirs, technique aussi vieille que le monde. Des heures de fabrication , un morceau de papier qui servira une seule fois, et la magie opère.


Mon thème de prédilection reste celui du rapport homme/nature/pensée, et le monde actuel.


Pendant un long moment j’ai arrêté de peindre, pour me consacrer au “Mail art”, j’avais trouvé intéressant aux débuts du net, d’échanger avec des artistes du monde entier. Je me suis remise à la peinture, lorsque j’ai eu l’impression que j’avais fait le tour de la question du mail art, et que celui ci virait au “scrapbooking”.

Avec l’avènement du numérique, j’ai découvert un monde fabuleux. A mon sens le numérique a révolutionné l’oeil.  Je fais beaucoup de photos mais je suis piètre photographe. Cependant, certaines m’ont servi dans mes toiles. Grâce à la technique du pochoir, à défaut de pouvoir faire autre chose d’encore plus précis comme la sérigraphie ou l’impression directe sur toile, je peux reproduire des images, et les opposer de manière concrète à la sensibilité d’un fond baveux.

Souvent ensuite j’introduis le pinceau, pour alimenter l’image de traces de rien, graffitis, mots, petits dessins maladroits. Au delà des inscriptions, signatures, textes… les tableaux sont parfois ornementés ou illustrés d’une écriture qui devient alors art à part entière, art d’écrire en parallèle de l’art pictural. Trace, geste, lettres qui à mon sens sont aussi du “dessin”.


C’est important pour vous de partager plus que vos oeuvres sur votre site, vous partagez aussi vos impressions sur le monde artistique. C’est important pour vous de parler sur vos impressions quand vous travaillez?
 
Je ne comprends pas vraiment le “monde artistique”. Pour moi, la place des arts plastiques en France est bien faible et les artistes sont très peu valorisés. Pour le grand public l’art contemporain est incompréhensible. même parfois pour moi, j’ai du mal….Je pense que c’est une jungle.


Influences?
 
Tous les artistes m’influencent d’une manière ou d’une autre, j’aime l’art en général. Je suis plus sensible à la peinture et la photographie qu’à la sculpture en général. J’aime les artistes du mouvement Street, les graphistes, j’aime évidemment Jean Michel Basquiat, mais tellement d’autres que je ne pourrais pas tous les citer. J’ai pleuré devant Guernica.

Vous créez souvent un monde un peu chaotique, sexy autour de la guerre dans vos tableaux, pourquoi?
 
(Rire) Sexy wars n’est pas à proprement parler un thème, mais plutot un combat car je prépare une expo à deux avec une jeune femme qui est photographe et nous proposons donc deux visions féminines du monde.

Le thème de la guerre n’en est pas un, chaque chose de la vie est un combat. Ceci dit, la vision d’une femme, armée, voire sexy , c’est tellement quelque chose qui ne va pas ensemble…C’est un fantasme.


On a écrit sur moi que j’aimais “peindre à partir de thématiques contemporaines et s’inspire des préoccupations de sa génération de « trentenaires ». L’esprit humain, les conflits, la drogue, la religion ou encore les relations humaines, les problèmes identitaires, l’homosexualité, les OGM sont autant de sujets abordés”

En fait je crois que c’est difficile de parler de sa peinture, car c’est parler de moi. De ma sensibilité à fleur de peau, de mes rêves , de mes attentes, de mes relations humaines si complexes et si importantes, de ma vision du monde, si beau et si enlaidit par les hommes…..voilà pourquoi parfois mon trait est grossier….


Comment imaginez-vous votre futur idéal? 

Mon rêve serait de quitter l’éducation nationale pour ouvrir mon atelier de création, proposer des cours libres et plus créatifs, améliorer ma motivation, peindre, mais aussi réaliser des commandes diverses, des documents, des flyers…Malheureusement je ne pense pas un jour en avoir la possibilité ni les moyens…

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