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Interview de Tönky
Frank Valayer alias Tönky est un graphiste designer français. Il est directeur artistique dans une agence et travaille à coté comme freelance. Curieuse d’en savoir plus sur ce graphiste original je l’ai interviewé …

Vos débuts dans le monde du graphisme?
Un peu par hasard. Dès le lycée, je me destinais plus à des études vers les arts plastiques. Je voulais faire les Beaux-arts. J’ai eu beaucoup de chance, car tous les concours d’entrée en école d’art, que j’ai passé, furent réussis et j’ai du faire des choix. Finalement c’est vers les arts appliqués que je me suis dirigé. Je ne connaissais pas du tout ce monde. J’avais plus l’habitude de peindre sur d’immenses toiles dans la cave de mes parents, que de m’appliquer à faire des recherches de logos.
Tout naturellement, après mes études à Toulouse, je suis parti en agence.
Comment définiriez-vous votre travail?
Cela dépend des périodes.
Actuellement mon travail est de créer des messages, des impressions, des expressions au travers d’images, textes, couleurs et formes. Un peu à la manière, d’un collectionneur qui va chiner sur les brocantes, j’essaye d’avoir une démarche un peu similaire : je vais chiner sur le web, sur les bouquins d’art, les fanzines etc et je récupère des images, des textes que je m’approprie et je détourne de leur fonction première.
Je reste très basique dans les outils que j’utilise : logiciel de touche d’images, de mise en page etc. Il n’y pas de technique bien particulière, tout dépend du sujet.

Vous évoquez sur votre site le fait que vous utilisez des événements et des choses de votre vie pour travailler. Pouvez- vous nous en dire plus sur vos inspirations?
En effet, pendant un certain temps, sans vouloir se la jouer nostalgique, c’était plutôt des événements passés qui guidaient mes travaux. Je voulais utiliser telle ou telle image, qui pour moi, avait une référence directe avec un événement personnel direct. Cela pouvait être un lieu, des personnes, des objets. Je recomposais autour de ces acquis visuels pour créer quelque chose de nouveau. Au final cela ne m’importait peu de savoir à quoi cela pouvait bien ressembler, l’important était vraiment d’utiliser une matière visuelle qui avait un réel lien avec ma vie. Des travaux comme “Rue nationale”, “Horses with horses”, “Senegal Wear” sont de bonnes références.
Pour “Senegal wear” par exemple, j’ai utilisé un débardeur au couleur du Sénégal, trouvé par hasard dans le hall d’un immeuble lors d’un voyage à Paris. Je savais en le prenant que je m’en servirais comme d’un véritable arrêt sur image de mes moments à Paris. L’important n’est pas ce qu’en j’en ai fait mais plutôt que ce débardeur est symbolique d’un endroit à tel moment et que moi seul et ceux qui m’accompagnaient peuvent connaître.
Aujourd’hui, même si je continue à créer des choses avec cette démarche là, je pense que je suis en train d’évoluer vers autre chose. Je me radicalise dans les sujets et dans les formes.
Quels sont les artistes qui vous influencent ?
Il n’y a pas d’artistes qui m’influencent. Je dirais plutôt que l’art et la création me motivent.

Quel message voulez vous faire passer à travers vos créas?
Cela dépend des travaux. Le message n’est pas le même à chaque fois. Chaque création a son histoire, sa composition, sa matière. Elle a ainsi son propre discours qui l’accompagne.
Avez- vous des projets professionnels qui vous tiennent à cœur?
Je n’ai pas de projets professionnels qui me tiennent à cœur. On est toujours moins libre dans un cadre pro. Je le sais et je l’assume. Vous êtes sans arrêt obliger de faire des concessions. J’ai souvent à faire à des clients qui croient être eux aussi des DA, des graphistes etc… alors au final, votre créa n’est plus ce qu’elle était, donc ce n’est plus vous.
C’est pour cela que je préfère souvent présenter des travaux très personnels car cela reflète plus ce que je suis, ce que je sais dire et faire.
Par contre, j’adore monter des projets. J’ai joué dans plusieurs groupes (peardey, téléfax, off the latch etc…) Je me suis occupé de fanzines…
En ce moment, je travaille sur un magazine en ligne qui s’appelle “R” (www.r-mag.org). Ce magazine met en avant, toutes les semaines, des graphistes, des designers, des photographes, des artistes contemporains, des musiciens de manière très simple et ludique : une image, un lien. Je suis libre de tout et cela me plait beaucoup. Ma ligne éditoriale est simple : “j’aime beaucoup ce que vous faites donc je vous met en avant”.
